En ce moment, je travaille sur un chouette projet de carto. C’est l’occasion pour moi de me former à la sémiologie cartographique (l’ensemble des règles d’un système graphique de signes pour la transmission d’une information) mais aussi aux questions d’accessibilité d’une carte.

Qu’est-ce qui rend une carte accessible ?

D’après les experts en accessibilité The Paciello, la première étape pour construire une carte accessible est de remplir les critères suivants :

  1. Les contrôles de la carte ont des labels pertinents et peuvent être actionnés sans l’utilisation d’une souris.
  2. Les informations présentes sur la carte ne sont pas uniquement véhiculées par la couleur.
  3. Les informations présentes sur la carte sont disponible dans un autre format.

En tant que designer, ce sont les deux derniers points qui m’intéressent particulièrement, et sur lesquelles je peux être force de proposition.

Relayer l’information autrement que par la couleur

Sur une carte, pour s’assurer que l’information reste accessible aux personnes ayant des difficultés de perception des contrastes ou des couleurs, on peut utiliser les techniques suivantes :

  • Utiliser motifs et varier les épaisseurs des bordures pour délimiter des zones géographiques ;
  • Jouer sur le style typographique pour les textes.

Attention toutefois aux motifs qui peuvent facilement surcharger une carte : ils sont à réserver pour des petites zones, et à limiter en nombre sur la carte (deux motifs différents par exemple).

carte-france-coronavirus.jpg
Pas de légende ni de titre sur cette carte : ça évite de parler des problèmes d’accessibilité 🤦‍♀️

Et puis, comme pour tout autre type de texte, on fera naturellement attention au contraste entre libellé et couleur de fond. Un halo ou un ombré autour des textes peuvent aider à les rendre plus visibles. Sur un fond cartographique, on pourra aussi atténuer les couleurs pour rendre le texte plus lisible.

Au final,  il s’agit de suivre les recommandations du RGAA :

  • « Dans chaque page web, l’information ne doit pas être donnée uniquement par la couleur. » 
  • « Dans chaque page web, le contraste entre la couleur du texte et la couleur de son arrière-plan est-il suffisamment élevé »

Pour vérifier que c’est le cas, il peut être intéressant de passer la carte en noir et blanc pour voir si elle reste compréhensible, ou utiliser des outils dédiés pour simuler les différentes visions (voir l’article sur la création d’une palette de couleurs accessible).

Rendre les informations disponibles autrement

Le but d’une carte est avant tout de représenter un ensemble d’informations en y intégrant une dimension spatiale. En un coup d’œil, on peut alors comprendre le lien entre des données et leurs situations géographique, leurs proximités, les distances qui les séparent, etc.

Construire une carte accessible, c’est donc identifier l’objectif de sa carte pour imaginer un autre moyen de raconter l’histoire, de manière non-visuelle.

Cela peut être par exemple :

  • Fournir la liste des points d’intérêts de manière textuelle pour une carte dont l’objectif est d’afficher plusieurs lieux ;
  • Proposer un tableau récapitulatif par département pour une carte dont l’objectif est de donner les résultats d’une élection (ou, sujet d’actualité, d’un potentiel déconfinement) ;
  • Afficher l’itinéraire sous forme de texte pour une application donnant des instructions pour aller d’un point à un autre.

Viser la simplicité

Je rajoute un troisième point qui me paraît important : une carte inclusive est une carte simple. Ainsi, il faut garder en tête que :

  • Trop d’informations peut nuire à l’histoire que la carte raconte.
  • D’ailleurs, parfois, une carte n’est PAS la meilleure manière d’afficher une information.
geoportail
Cette carte des cultures agricoles affiche beaucoup (trop) d’informations différentes, rendant la légende trop complexe et de fait, illisible.

Par ailleurs, au delà de la légende, l’utilisateur doit pouvoir cacher toutes les informations qui n’apportent pas plus de contexte à l’objectif de la carte et qui souvent peuvent surcharger l’interface.

Pour aller plus loin

Finalement, rendre une carte accessible, c’est s’assurer que l’histoire qu’elle raconte peut être comprise par tous.

Vous noterez que dans cet article, je n’ai pas du tout abordé les aspects techniques pour intégrer ou développer une carte accessible (ce n’est plus mon métier !). Quelques uns des ressources qui m’ont été utile abordent ce sujet :

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